Risk
May 7, 2012

La confiance : l’antidote à l’aversion pour le risque

Wayne Wouters occupe le poste de secrétaire du Cabinet, greffier du Conseil privé et chef de la fonction publique du Canada depuis juillet dernier. Un membre chevronné de la fonction publique fédérale, il était secrétaire du Conseil du Trésor juste avant sa nomination, et a déjà été sous-ministre des Pêches et des Océans. Dans un récent entretien accordé à Paul Crookall, de CGE, il a fait le point sur ses premiers mois en tant que greffier. En voici des extraits.

 

Vous occupez un poste de premier plan. Quels en sont les principaux défis?

Tout d’abord, j’aimerais mentionner que je suis très honoré qu’on m’ait demandé d’exercer les fonctions de greffier. C’est un travail passionnant qui me remplit de fierté. Mon principal objectif est de m’assurer que la fonction publique continue de servir les Canadiens avec excellence, malgré un environnement de plus en plus complexe.

Mon plus grand défi à ce jour a été de faire avancer le programme de travail du gouvernement. La dernière année a été particulière, puisque nous venons de traverser la plus grave récession économique que nous ayons connue depuis très, très longtemps. Le gouvernement a réagi en adoptant une série de mesures de stimulation réunies sous le titre de Plan d’action économique. Avec du recul, je crois que la transition s’est déroulée mieux que prévu – pour moi comme pour le programme gouvernemental –, grâce au rôle que j’ai joué à titre de secrétaire du Conseil du Trésor en coordonnant l’approbation des plans et des programmes découlant du PAE, au début de 2009.

Ma première priorité a donc été de promouvoir le plan économique et de veiller à ce qu’il donne le plus rapidement possible les résultats attendus. La première étape était de faire approuver les nombreux nouveaux programmes annoncés dans le budget de 2009. À cette fin, nous avons travaillé énormément à simplifier les processus décisionnels du Cabinet et du Conseil du Trésor, et nous avons réussi à les écourter de façon qu’ils ne durent pas plus de deux à six mois, ce qui, en soi, est tout à fait remarquable. Ensuite, nous avons amorcé des négociations avec les provinces et les autres intervenants pour faciliter le lancement du plan. Nous continuons de suivre sa mise en œuvre et de nous assurer qu’il a les effets escomptés sur l’économie.

Bref, avant la récession, tout se déroulait normalement, lorsque le gouvernement a dû plutôt soudainement réagir à la crise, en concevant, en faisant approuver et en mettant à exécution tous ces nouveaux programmes pour surmonter rapidement une situation économique extrêmement difficile. À cet égard, je crois que la fonction publique a très bien appuyé le gouvernement. Nous estimons que nous avons bien atteint les objectifs que nous nous étions fixés, comparativement à beaucoup d’autres pays.

Bien sûr, comme le plan d’action s’étale sur deux ans, nous devrons continuer d’en surveiller le développement et de maintenir le cap. Le gouvernement a déjà présenté quatre rapports trimestriels au Parlement. Nous accomplissons tout ce travail, et nous avons mis toute l’information s’y rapportant dans nos sites Web afin que les Canadiens puissent voir comment le gouvernement s’en tire.

Pour voir à cette importante priorité, je travaille directement avec le Premier ministre, un homme acharné et doté d’un esprit analytique, qui comprend très bien la situation économique du Canada.

Ma deuxième priorité est le renouvellement de la fonction publique. Cette initiative a été amorcée par mon prédécesseur, Kevin Lynch, et je suis heureux de la poursuivre. Nous progressons bien, malgré que nous devions surmonter certains défis, notamment au chapitre de la gestion des changements démographiques qui ont une incidence sur des organisations comme la fonction publique.  

Voici un exemple de la façon dont nous gérons ces changements. Au cours de la dernière année, nous nous sommes dotés d’une cinquantaine de nouveaux sous-ministres adjoints, et, depuis mon entrée en fonction, nous avons nommé un bon nombre de sous-ministres et de sous-ministres délégués. Le secrétaire du Conseil du Trésor, le sous-ministre des Finances, le dirigeant principal des ressources humaines, le contrôleur général et le sous-ministre de la Sécurité publique font partie des personnes nouvellement nommées. Il s’agit là de changements majeurs au sein de la haute direction de la fonction publique.

Dans ce contexte, je consacre une bonne partie de mon temps à voir à la relève des dirigeants de la fonction publique : m’assurer que nous avons une solide équipe de sous-ministres adjoints, de sous-ministres délégués et de sous-ministres; faire en sorte que nous ayons des systèmes de gestion des personnes de talent qui nous permettent de repérer les futurs cadres supérieurs; bien planifier la relève; progresser à tous les autres niveaux du renouvellement de la fonction publique, y compris le recrutement ainsi que la rationalisation de nos systèmes et de notre structure de ressources humaines à l’administration centrale.

Le renouvellement touche non seulement l’effectif, mais aussi le milieu de travail, un élément sur lequel je compte me pencher davantage durant mon mandat. Nous devrons notamment revoir nos services administratifs, favoriser l’innovation et adopter la technologie de collaboration, comme le Web 2.0. Si nous travaillons à former la nouvelle génération de leaders, nous devons également voir à notre milieu de travail. Nous devons nous demander si le milieu et les postes de travail que nous avons actuellement – dont certains sont très désuets – peuvent encore non seulement intéresser les jeunes diplômés, mais aussi permettre au gouvernement du Canada, en tant qu’employeur, de rester compétitif.

Le renouvellement a toujours été pour nous un synonyme d’excellence, puisqu’il consiste à trouver de nouvelles façons d’atteindre les objectifs du gouvernement et de mieux servir les Canadiens.   

Bref, nous devons tout mettre en œuvre pour faire de la fonction publique un milieu de travail qui est attrayant, ouvert à la collaboration, à l’innovation et à la créativité, où il est possible d’accomplir ses tâches, d’apprendre, de s’épanouir, d’expérimenter et de prendre des risques calculés.

Pour compléter cette démarche, nous devons nous assurer d’avoir la capacité d’élaborer de saines politiques – ce qui est également une priorité personnelle – et de nous concentrer sur l’incidence des politiques publiques, à court, moyen et long terme. De toute évidence, la récession nous a obligés à nous concentrer sur le court terme. Cela dit, j’estime que nous devons continuer d’étendre nos actions aux quatre ou cinq prochaines années. Que sera notre monde dans quelques années? Quelle position le Canada occupera-t-il dans le nouvel ordre mondial? Quelles conclusions devons-nous tirer en cette fin de récession? Quels défis le Canada devra-t-il relever pour continuer de progresser? Comment la gouvernance mondiale est-elle en train d’évoluer et comment continuons-nous à jouer un rôle utile sur la scène mondiale, compte tenu de nos capacités?

Nos sous-ministres et leurs équipes travaillent déjà à agir au-delà du court terme. Nous espérons qu’il en ressortira des politiques novatrices permettant de répondre à certains des besoins futurs de notre pays.

Au cours de notre dernière entrevue (février 2006), vous vous décriviez comme un mordu des politiques. Vous avez certainement joué un rôle sur le plan des opérations dans l’

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